Disparition des oiseaux en ville.

Chaque année nous le constatons un peu plus, la population des oiseaux diminuent dans nos campagnes mais aussi dans les villes et nous conservons dans notre mémoire un passé des années 70, qui n’est pas si éloigné, ou les piaillements bruyants des moineaux dans les platanes pouvaient couvrir les discussions aux terrasses des cafés.

Un environnement bucolique oublié.

Cet environnement bucolique est un lointain souvenir. Le déboisement, la propagation des pesticides systémiques, la prédation due à la surpopulation de chats domestiques, les collisions avec des structures humaines, la pollution lumineuse, l’agriculture intensive et le changement climatique sont autant de facteurs qui laissent peu de chance de survie aux oiseaux.

Plusieurs études tendent à montrer qu’un tiers des oiseaux auraient disparu de nos campagnes, mais pour autant les villes ne sont pas épargnées de ce phénomène. On estime à 75 % environ la diminution de la population des moineaux à Paris et dans les grandes agglomérations en l’espace d’une quinzaine d’années.

Pourtant ces petits oiseaux particulièrement voraces en insectes, notamment au printemps ou les femelles ont besoin de protéines pour nourrir leurs petits, sont avec les chauves souris des alliés trés efficaces dans la lutte contre les moustiques

Quels sont les causes de ce déclin et comment préserver et aider ces volatiles à conserver leur place dans notre paysage urbain.

Ces oiseaux qui disparaissent depuis les années 2000.

Quelques exemples parmi d’autres de la diminution des oiseaux depuis une quinzaine d’années selon la LPO (Ligue Protectrice des Oiseaux).

Le moineau domestique – 13% et jusqu’à – 75 % dans les grandes agglomérations : les populations de cet oiseau citadin par excellence déclinent dans toutes les métropoles européennes. En cause : le manque de nourriture (insectes et graines) et la détérioration de leur habitat, mais aussi la pollution atmosphérique et sonore.

L’hirondelle rustique – 31 %: elle souffre de la diminution du nombre de bâtiments agricoles (granges, étables… ) où elle faisait son nid, mais aussi de la raréfaction des insectes volants.

Le martin-pêcheur d’Europe – 50 % : l’aménagement des berges l’empêche d’y creuser le terrier où il niche. Il est également confronté à la raréfaction des poissons d’eau douce – l’essentiel de son alimentation.

L’alouette des champs – 20 %: devenue le symbole de l’agonie des oiseaux des campagnes, elle ne trouve plus de lieu de nidification à cause de l’intensification des pratiques agricoles.

Le roitelet huppé – 24 % : cet oiseau coiffé d’une huppe jaune doré est l’un des plus petits d’Europe. Son déclin semble être lié à une succession d’hivers rudes.

La perdrix grise – 24 % : nichant au sol dans les champs et les prairies, elle souffre du fauchage précoce et de la disparition des jachères, mais aussi de l’abus de pesticides, qui entraîne la raréfaction des insectes.

Le pic-vert – 6% : recherchant des milieux présentant une alternance de zones boisées et de pâturages, il affectionne les vieux arbres riches en insectes. Or zones de bocage et arbres morts sur pied se raréfient.

Oiseaux des villes : une disparition programmée !

Les causes du déclin.

Le constat fait sourire est pourtant il est dramatique : il y a encore quelques années voyager en voiture se soldait en final par un pare brise constellé d’insectes gênant la visibilité alors que ce n’est plus le cas aujourd’hui.

En Allemagne, une étude portant sur 63 réserves naturelles confirme cette chute vertigineuse : en vingt-sept ans, près de 80 % des insectes volants y ont disparu. Ces insectes disparus, qui représentaient la base de l’alimentation de nombreuses espèces d’oiseaux ont entraîné le déclin de ces derniers dans les campagnes. Le facteur majeur permettant d’expliquer une disparition aussi rapide des insectes, avancent les auteurs de cette étude, est l’intensification des pratiques agricoles (recours accru aux pesticides, aux engrais de synthèse, etc.) qui accompagne par la même le changement des paysage agricoles avec la diminution des prairies permanentes et la régression des zones humides (mares prairies inondables). Situation qui s’aggrave encore avec le changement climatique et l’augmentation du niveau des températures et des périodes de sécheresse.

Pollution de l’air et pollution sonore dans les villes.

Dans nos villes la situation n’est pas meilleure et les oiseaux ont de plus en plus de mal à se nourrir et se loger. Les voitures modernes, dont le nombre de chevaux n’est synonyme que de la puissance du moteur, ne laissent plus derrière eux le crottin de cheval riche en graines et en insectes. La pollution produite par la circulation est aussi une cause d’aggravation de la disparition des oiseaux, à laquelle s’ajoute le stress provoqué par une deuxième pollution, mais sonore cette fois-ci, qui réduit la durée de vie de certaines espèces.

La pression foncière qui est la cause d’un bétonnage à outrance a fait disparaître les friches vertes, les terrains vagues et les campagnes de proximité en réduisant aussi les espaces verts, qui eux même soigneusement entretenus sous forme paysagère, limite un peu plus les possibilités aux oiseaux de nicher. Les constructions neuves en béton lisse et les rénovations de l’habitat ancien ne laissent plus de place aux oiseaux pour nicher dans les interstices des murs ou sous les toitures et même les fils électriques et téléphoniques disparaissent peu à peu, privant de perchoir les hirondelles.

Autre cause du déclin des oiseaux, les polluants et en particulier les pesticides. Si les objectifs du Grenelle de l’environnement en 2007, sensé réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2018, n’ont pas été atteint dans le premier plan écophyto de 2009, ils ont au moins eu le mérite d’interdire l’utilisation de ces produits dans les espaces verts des agglomérations en janvier 2017 et la vente de ces produits aux particuliers en janvier 2019.

Le nouveau plan écophyto élaboré en 2015 a revu l’objectif de réduction de ces produits à 2025 mais ce n’est pas gagné et les médias nous font remarquer que la pression des lobbyings, industriels et agriculteurs rendent difficiles la réussite de ces objectifs.

Des traitements phytosanitaires toxiques.

Le traitement phytosanitaire DDT (Dichlorodiphényltrichloroéthane) qui empoisonnait les oiseaux dans les années 60 est aujourd’hui remplacé par le danger avéré du glyphosate que l’on souhaiterai bannir de notre agriculture, mais déjà une nouvelle alerte est lancé pour demain par un collectif de chercheurs qui dénoncent les effets d’un produit pesticide encore plus dangereux, le SDHI (succinate déshydrogénase inhibiteur) qui visent à bloquer une étape clé de la respiration des champignons tel que le mildiou ou l’oïdium. Or, les cellules de tous les êtres vivants respirent, depuis les micro-organismes, les champignons, les plantes, les insectes, les animaux, jusqu’aux hommes.  Tous ces produits influent sur la disparitions des insectes et des oiseaux et à terme notre disparition à nous les êtres humains.

Le chat à l’affût des oiseaux.

Enfin, une cause que l’on ne soupçonne pas et qui pourtant contribue à la disparition de l’avifaune de nos agglomérations est l’augmentation du nombre de chat dont la population en France est passée de 8,8 millions en 1998 à plus de 20 millions aujourd’hui. La LPO estime à 75 millions le nombre total d’oiseaux tués par ce félin dans notre pays.

Comment aider ces oiseaux à survivre dans nos villes et nos copropriétés.

Le gîte..

Le terme de survie n’est pas usurpé pour ces oiseaux dont les conditions de vie font décliner la population régulièrement au fil des années.

Pose de nichoirs par la ville de Paris.

La pose de nichoirs est conseillé pour tous les oiseaux qui naturellement installent leurs nids dans des cavités naturelles ou artificielles des constructions et qui sont réunis dans la famille des cavernicoles comme les différentes espèces de mésanges, les sittelles, les moineaux, les rouges-queues, les gobemouches. La mésange est sans doute l’oiseau qui possède la plus grande capacité d’adaptation et qui s’approprie assez facilement les nichoirs installés à son intention.

Des nichoirs pour tous les goûts.

Les nichoirs commercialisés peuvent être installés dans les jardins, sur les troncs des arbres éloignés d’un vingtaine de mètres les uns des autres et à l’opposé des vents dominants et de la pluie. Il faut les fixer de manière stable, les disposer à trois mètres environ de hauteur et à l’écart des branches permettant l’accès des prédateurs comme les chats, les pies ou les corbeaux. Ces nichoirs qui servent au moment de la reproduction doivent être nettoyés en fin d’été en retirant l’aménagement isolant et douillet de verdure et de fibre, qu’à fait le couple et ou a pu se développer des parasites et des moisissures qui interdiraient une nouvelle utilisation.

Un troglodyte est venu nicher dans une jardinière de fleurs.

Les autres petits passereaux que nous connaissons dans nos agglomérations comme le rouge-gorge, la fauvette, l’accenteur, le pouillot choisissent des buissons suffisamment denses et feuillus pour construire leur nid à l’abri des regards et des prédateurs.

Le couvert..

Il faut préserver dans nos jardins de copropriété des espaces à leur intention en favorisant, les plantes à abondante fructification qui seront précieuses, telles que les sorbiers des oiseaux bien évidemment mais aussi les superbes amélanchiers (fleurs et couleurs d’automne en prime), les nombreuses aubépines, les troènes, les cotonéasters, les pyracanthas, les houx sans oublier les pommiers d’ornement, qui seront aussi utilisées par les insectes et offriront des baies aux oiseaux à l’automne.

Il ne faut pas hésiter également à conserver quelques arbres morts au tronc pourrissant qui sont une source de vie ou les champignons, insectes, petits vers se développent représentant une réserve de nourriture pour les oiseaux pendant l’hiver.

Enfin pendant l’hiver, l’apport de nourriture sous forme de graines et insectes déshydratés associés à des graisses est important pour permettre à ces petits passereaux de passer l’hiver. Sur les balcons d’immeubles il faut privilégier les mangeoires ou les boules suspendues pour dissuader les prédateurs et interdire l’accès des plus gros oiseaux : pigeons et tourterelles.

Le cas des chauves souris (chiroptères).

Ne considérons plus la chauve souris ou pipistrelle (micro-chiroptères) commune qui vit dans nos agglomérations avec appréhension et un regard négatif car ce petit mammifère hibernant de quelques grammes, qui n’est pas un oiseau, est un formidable allié dans la lutte contre les moustiques et ce doit être une priorité que de participer à sa sauvegarde. D’autant qu’outre son efficacité dans la lutte contre les moustiques, il n’est pas dérangeant puisqu’il est essentiellement noctambule, on ne le voit pas le jour et la nuit son vol et d’une discrétion absolue.

La chauve souris, pas de bec mais des dents pour ce petit mammifère.

Certains spécialistes n’hésitent pas à comparer les chauves souris qui se nourrissent exclusivement d’insectes à de véritables insecticides naturels qui peuvent consommer jusqu’à l’équivalent de leur poids chaque nuit en chassant près de 1000 moustiques par individu.

Si les attrapes moustiques que l’on voit, installés le long des routes du bord mer et de la presqu’île de Giens, montrent une certaine efficacité, nous voudrions bien pouvoir nous passer des épandages de produit phytosanitaire démoustiquant qui ne sont pas anodin sur notre santé. En préservant les chauves souris, c’est d’abord à nous même que nous rendons service.

Dans nos villes modernes, l’habitat conventionnel des chauves souris disparaît peu à peu. Les bâtisses offrant des refuges sous les toitures et dans les granges, à l’abri de la lumière diurne, leur permettant de se reposer et de se reproduire, sont aujourd’hui remplacés par des immeubles aux toits en terrasses et il est à présent nécessaire de leur installer des nichoirs pour les conserver

Des nichoirs adaptés pour les chauves souris.

Comme pour les oiseaux, des nichoirs sont disponibles dans le commerce pour les chauves-souris. Ils doivent être installés sur le tronc des arbres, coté sud pour profiter d’un maximum de chaleur et protégés des rayons directs du soleil et, d’une même façon que pour les oiseaux, à l’abri des chats prédateurs ce petit mammifère volant.

La proximité d’un compost ou un amas de bois mort, de brindilles et feuilles ou se développent les insectes sera un atout supplémentaire à l’arrivée des chauves-souris.

Les projets d’installation de nichoirs à chauves souris, déjà réalisés par des municipalités comme Carqueiranne, sont actuellement à l’étude par des copropriétés de proximité et pourquoi pas la notre !

P.A

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